À mesure que la population vieillit, de plus en plus d'hommes et de femmes semblent se plaindre de problèmes de mémoire. Ce phénomène concerne désormais 70% des personnes de plus de 70 ans. Quelle attitude adopter face à ces plaintes de mémoire ? Entre trivialité et drame, les experts en neurosciences de Medec proposent des réponses.

Les problèmes de mémoire semblent devenir de plus en plus importants. Face à cette détresse, il est aujourd'hui nécessaire de mieux comprendre et soigner ces maladies qui constituent de véritables pathologies et perturbent le quotidien des patients.

Distinguer le vieillissement cognitif normal des déficiences pathologiques

Les problèmes de mémoire chez les personnes âgées ont longtemps été considérés comme bénins, ou du moins inévitables. "Tout d'abord, il faut combattre une idée reçue : non, le déclin de la mémoire n'est pas inéluctable avec l'âge !", précise le Pr Alllain de l'Université de Rennes. "Il peut être difficile d'accéder à la mémoire, mais il n'y a pas de problèmes de mémoire. C'est un mensonge courant, même chez certains médecins généralistes. Si les cas de démence deviennent plus importants avec l'âge, il n'en reste pas moins que plus de 80% des personnes entre les âges de 80 et 84 ne sont pas concernés par la maladie d'Alzheimer." Aujourd'hui, force est de constater qu'on ne peut plus les ignorer, tant ces plaintes peuvent annoncer une évolution folle. Mais comment les médecins généralistes doivent-ils se comporter en première ligne ?

Pour un traitement précoce

Partisan d'une prise en charge précoce des patients souffrant de troubles de la mémoire, le Dr F. Sellal soutient qu'il faut « analyser systématiquement les plaintes ». Contrairement à certaines idées reçues, les patients les plus plaintifs sont non seulement anxieux mais aussi atteints de la maladie d'Alzheimer. le risque est en effet deux à trois fois plus élevé pour les personnes se plaignant de mémoire par rapport à leurs pairs.Pour l'évaluation initiale, il recommande des tests cognitifs simples de "lecture" (test de 5 mots 1, test d'horloge 2, MMS 3, etc.) et évalue la l'autonomie du patient dans ses activités quotidiennes (transports en commun, médicaments, etc.). A l'issue d'un tel examen, plusieurs orientations pour les médecins généralistes sont possibles : Soit un cliché, non accompagné de performances mémorielles : il s'agit d'une plainte bénigne associée au vieillissement cognitif normal ; Soit on observe une baisse de la cognition et de l'autonomie : alors on peut suspecter la maladie d'Alzheimer ; Les performances de la mémoire sont perturbées alors que l'autonomie est préservée, on parle alors de troubles cognitifs légers (troubles cognitifs légers ou MCI).

Une déficience cognitive légère déclarera-t-elle la maladie d'Alzheimer ?

Ces troubles cognitifs légers représentent-ils eux-mêmes les premiers signes d'un processus ou d'une maladie démentielle ? Aujourd'hui, la recherche médicale ne peut pas fournir de réponses définitives, mais elle a des indices. Nous avons connaissance de plusieurs études qui émettent l'hypothèse que la maladie d'Alzheimer se développe 5 à 7 ans avant la démence. De plus, de nombreuses études épidémiologiques ont montré que ces troubles de la mémoire liés à l'âge sont un facteur de risque d'une part et un prédicteur d'autre part. Malgré ces doutes, la pharmacologie tente d'apporter des réponses dans deux domaines : En corrigeant les symptômes du MCI ; Et avec les médicaments contre la maladie d'Alzheimer depuis le début. Bien qu'il existe de nombreux médicaments potentiellement actifs, les seules recherches actuellement disponibles portent sur les agonistes de la dopamine (un produit chimique ayant les mêmes propriétés que la dopamine, un neurotransmetteur), en particulier le pipéridil.